
Qu'est-ce que la ptose mammaire et comment la corriger ?
Quelles interventions peut-on associer à la mastopexie pour améliorer la poitrine ?
Quel est le type d'anesthésie ?
Que se passe-t-il AVANT L'INTERVENTION ?
Quelles sont les suites opératoires habituelles ?
Quelles sont les risques de la chirurgie esthétique de la ptose mammaire ?
La ptose mammaire est définie par un affaissement de la glande et une distension de la peau qui l’enveloppe. Le sein est en position trop basse et de plus fréquemment "déshabité" dans sa partie supérieure. La ptose peut exister d’emblée mais survient le plus souvent après un amaigrissement important ou au décours d’une grossesse avec allaitement.
Seule une intervention chirurgicale appelée mastopexie peut la corriger. Elle consiste à remettre l’aréole et le mamelon en bonne position, à reconcentrer et à ascensionner la glande et à retirer la peau excédentaire afin d’obtenir deux seins harmonieux, joliment galbés et ascensionnés.
Cette intervention nécessite obligatoirement des cicatrices sur le sein.
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On distingue 2 types de cicatrices : la cicatrice en T inversée, et la cicatrice verticale. Le choix entre ces 2 cicatrices est fonction de l'importance du relâchement cutané. Le T sera nécessaire dans les cas de ptose majeure. Dans tous les cas ces cicatrices sont associées à une cicatrice autour de l'aréole.
La cicatrice en T inversée décrit l'aspect suivant :
Cicatrice en T inversé
1. une cicatrice circulaire autour de l’aréole, constante
2. une cicatrice verticale située entre le pôle inférieur de l’aréole et le sillon sous-mammaire
3. et une cicatrice horizontale dans le sillon sous-mammaire (cicatrice en T inversé). C'est cette cicatrice horizontale qui peut être réduite ou même évitée si la morphologie du sein et l'élasticité de la peau le permettent, réalisant une technique à cicatrice Verticale.
La cicatrice verticale :
Cicatrice verticale
1. une cicatrice circulaire autour de l’aréole, constante
2. une cicatrice verticale située entre le pôle inférieur de l’aréole et le sillon sous-mammaire
Il est possible de ne réaiser qu'une seule cicatrice autour de l'aréole dans les petites ptoses. Cependant, je réserve cette technique à des cas très précis, du fait des limites de cette technique.
Comme toutes les cicatrices, elles sont définitives et indélébiles. Leur aspect peut être rouge et visible pendant plusieurs mois. Totalement imprévisible, leur aspect définitif ne doit pas être jugé avant 1 an. Elles doivent être protégées du soleil pendant 1 an environ.
En cas de sein trop petit (hypotrophie mammaire), on peut associer la pose de prothèses mammaires. Dans ce cas, le but de l'intervention est double : remonter les seins, et augmenter leur volumes.
En cas de sein trop gros (hypertrophie mammaire), on peut associer au redrapage des excès cutanés, une réduction du volume mammaire. Il s'agit alors d'une plastie mammaire de réduction.
Non, s'il s'agit d'une vraie ptose mammaire, c'est-à-dire tant que l'ablation des tissus en excès pèse moins de 300 grammes.
En revanche, si la cure de la ptose mammaire, s'accompagne d'une réduction de plus de 300 grammes par sein, alors l'intervention peut être prise en charge.
A noter que même dans les cas d'amaigrissements majeurs, la sécurité sociale refuse de prendre en charge la cure de la ptose mammaire.
Liste des actes pris en charge par la sécurité sociale
L'anesthésie est classiquement une anesthésie générale.
• 2 consultations de chirurgie plastique espacées de minimum 15 jours sont obligatoires, au cours desquelles sont toujours réalisées des photographies médicales.
• Une mammographie pré-opératoire est systématique chez les femmes de plus de 35 ans ou ayant des facteurs de risque de cancer du sein.
• Un soutien gorge de sport sans armature, et s'ouvrant par devant, est prescrit.
• Si l’intervention n’est pas prise en charge par la sécurité sociale, prévoyez une période d'indisponibilité professionnelle de 15 à 21 jours environ après l’intervention, car aucun arrêt de travail ne pourra vous être prescrit.
• Les consignes médicales systématiques les plus importantes sont les suivantes :
• Un système de drainage aspiratif est habituellement mis en place pour réduire les risques
d’hématome. Il est généralement conservé de 1 à 3 jours selon sa production. Le drainage
n’empêche pas le retour à domicile, si le chirurgien considère qu’il est possible.
• Le pansement est retiré 24 à 48 heures après l’intervention. Un pansement léger sera réalisé et
vous devrez porter le soutien-gorge sans armature prescrit avant l'intervention. Il devra être
porté nuit et jour pendant 2 mois.
• L’hospitalisation dure entre 1 et 3 jours en moyenne. Il est recommandé qu’une personne
accompagne votre retour à domicile.
• Les fils sont retirés entre 2 et 3 semaines après l’intervention, en une ou plusieurs fois.
• La première douche est autorisée le lendemain de l’ablation des drains.
• De façon classique et habituelle, il existe pendant les premières semaines qui suivent l’intervention :
- un oedème (gonflement) des seins. D'importance variable, il peut être asymétrique. Il
s’estompe dans les premières semaines, et peut parfois persister un mois ou plus.
- des ecchymoses ("bleus") des seins, souvent asymétriques. Elles persistent pendant
quelques semaines, et au moins 15 à 21 jours.
- une sensation de tension des seins. Elle s’estompe en quelques semaines.
- Parfois des douleurs, qui sont bien soulagées par les traitements antalgiques
simples. Une gêne à l'élévation des bras est très souvent observée.
• Les plasties mammaires peuvent entraîner une diminution de la sensibilité des aréoles, qui
peut parfois être définitive.
• La surveillance des seins par mammographie dans le cadre du dépistage systématique du
cancer du sein n’est pas ou peu perturbée par la plastie mammaire de réduction. Il est
conseillé de pratiquer une mammographie de référence quelques mois après l’intervention.
• La période d’arrêt de travail est de 15 jours environ.
• La période d'arrêt des activités sportives est de 2 mois environ.
• Eviter les grossesses dans les 2 ans qui suivent l’intervention pour éviter de détériorer le résultat esthétique de l'intervention. Quant à l'allaitement, il reste souvent possible après l'intervention, mais cela n'est ni garanti, ni conseillé.
• Le résultat définitif ne s’observe pas avant 6 mois quant au volume et à la forme des seins. Il faut attendre au moins 12 mois pour juger de l’aspect définitif des cicatrices. Plusieurs consultations de contrôle sont réalisées, environ 1 mois, 3 mois, 6 mois et 1 an après l’intervention.
Les complications de la chirurgie esthétique de la ptose mammaire sont heureusement très rares. Les patients sont dans l'immense majorité des cas très satisfaits du résultat obtenu. Cependant les complications sont non prévisibles, et peuvent survenir même lorsque le chirurgien présente l'ensemble des compétences requises à l'exercice de la chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique.
COMPLICATIONS GENERALES
Il s'agit des risques liés à l'anesthésie générale, des accidents thrombo-emboliques (phlébite, embolie pulmonaire), des hématomes, des infections exceptionnelles.
COMPLICATIONS SPECIFIQUES A LA MASTOPEXIE :
• La nécrose des aréoles peut être totale ou partielle. Elle est nettement favorisée par le
tabagisme, qui altère durablement la circulation capillaire du sang, ainsi que par l'obésité.
Elle entraîne habituellement des cicatrices larges.
• La nécrose partielle de la glande et de la graisse mammaire (cytostéatonécrose) se
traduit par un nodule induré, qui peut parfois entraîner une reprise chirurgicale.
Exceptionnellement, il peut s’agir de nécrose étendue de la glande mammaire, qui
nécessite des soins prolongés.
• Modifications de la sensibilité : à type d'engourdissement, d'insensibilité, ou de
sensations "bizarres" des aréoles et des mamelons, ces modifications sont fréquentes et
disparaissent habituellement, au moins partiellement, avec le temps (plusieurs mois ou
années selon les cas). Elles peuvent néanmoins être définitives.
• Les cicatrices peuvent être larges ou hypertrophiques (en relief), de façon imprévisible.
Elles peuvent parfois nécessiter une retouche chirurgicale lorsqu'elles sont larges et/ou
des injections de corticoïdes lorsqu'elles sont hypertrophiques.
• Les "oreilles" cicatricielles situées à chaque extrémité des cicatrices horizontales
peuvent aussi nécessiter une retouche chirurgicale plusieurs mois après l'intervention.
• Une désunion (lâchage) précoce des cicatrices, rare, peut nécessiter une réintervention
chirurgicale.
• La paralysie du membre supérieur par élongation du plexus brachial est exceptionnelle.
© Dr Yohann Derhy 2007